Le nez plongé dans ses livres de pharmacologie et de biologie humaine depuis maintenant deux ans, Joannie Rochette est en voie de troquer son surnom de ‘’la patineuse’’ pour celui de Dre Rochette.

L’athlète maintenant âgée de 31 ans poursuit présentement ses études en médecine à l’Université McGill. L’intérêt que l’ancienne patineuse a pour la médecine remonte à lorsqu’elle était jeune mais selon elle, son affection pour ce domaine n’a fait qu’augmenter en pratiquant son sport de prédilection.

« Mon intérêt pour la médecine a grandi tout comme moi durant mes années de patinage car je travaillais constamment sur mon corps, souligne Joannie. Je voulais toujours comprendre quand j’avais une blessure ce qui l’avait causé et comment faire pour récupérer plus rapidement. Ce que j’aime de la médecine, c’est qu’on apprend comment chacun des muscles fonctionnent, leurs noms et lesquels travaillent, c’est super intéressant.»

La médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010 croit également que pratiquer le patinage artistique durant plusieurs années l’a bien préparée pour son parcours scolaire.

« Je pense que le sport nous donne une certaine discipline parce que le cours de médecine est très long et demande du travail à tous les jours, affirme-t-elle. Tu ne peux pas lâcher une journée ou deux, c’est un travail continu donc je pense que le patinage m’a un peu préparée pour ça.»

Un vent de fraîcheur

La patineuse originaire de l’Île-Dupas n’a cependant pas accroché ses patins et sa passion pour ce sport.

« Je pense que ça va toujours faire partie de ma vie mais en même temps, c’est rafraîchissant de faire autre chose, explique Joannie. Je ne peux pas dire nécessairement que je tourne la page parce qu’en patinage, ce qui est le fun, c’est qu’on peut faire des spectacles et que je n’ai pas besoin de garder le même niveau qu’auparavant.»

Lorsqu’elle a terminé sa carrière dans le monde du patinage artistique en 2010, Joannie n’aurait jamais envisagé de pouvoir faire ses études en médecine. Elle visait davantage la pharmacologie ou la biologie. Par contre, son entourage la voyait plutôt dans le domaine de la communication.

« Après les Olympiques, plusieurs gens de mon entourage me disaient que je devrais aller en communication parce que j’avais déjà les contacts sauf qu’à un moment donné, il faut faire ce qu’on aime dans la vie et même si ça veut dire repartir à zéro, c’était vraiment ce que je souhaitais accomplir.»

Joannie ne se cache pas cependant pour dire comment certaines journées sont plus dures que les autres.

« Peu importe ce qu’on fait dans la vie, même si tu es hyper passionné par quelque chose, comme moi pour le patinage, il va y avoir des journées où tu vas être tanné et exténué. Ces journées-là sont les plus importantes et il faut persévérer parce que si tu veux arriver au bout du tunnel, tu n’as pas le choix, dit Joannie.»

Un souvenir impérissable

Sa conquête de la médaille de bronze à Vancouver en 2010 demeurera gravée dans sa mémoire pour les bons, et les moins bons souvenirs. Un souvenir que Joannie se rappellera pour le restant de ses jours est sa première victoire au Championnat canadien.

« L’un des plus beaux moments de ma carrière a été le premier Championnat canadien que j’avais remporté à London, en Ontario. Il y avait plusieurs gens de ma ville natale qui s’étaient déplacés sur les lieux avec des bannières mais je ne le savais pas car ma mère ne voulait pas me le dire parce qu’elle croyait que j’allais trop stressée, explique Joannie en riant. Je l’ai simplement su après mon programme long car ils sont descendus plus bas pour que je les vois. C’est à ce moment-là que je les ai aperçus et j’ai tellement ressenti une grosse dose d’amour à cet instant que je m’en souviens encore.»

Son implication

Joannie revient d’un voyage humanitaire au Ghana avec la fondation Right to Play. Elle continue également de patiner mais elle se concentre davantage dans ses études. La future docteur s’implique également avec l’Institut de Cardiologie et la Fondation des maladies du coeur pour faire des levées de fonds.

« C’est une cause qui me tient vraiment à coeur. Ma mère est décédée d’une crise cardiaque en 2010 et ça a touché aussi beaucoup de gens dans ma famille, explique-t-elle.»

Joannie poursuit présentement le nouveau chapitre de sa vie. Elle va toujours patiner de temps en temps au club CPA de St-Léonard. Et un jour, l’ancienne championne olympique relèvera son nouveau défi, celui de sauver des vies.

  • Joanne Lafond

    Bravo Joannie , tu es la preuve vivante que discipline , empathie, et intelligence peuvent mener loin dans la vie. Je suis ton parcours et je suis très fière de toi.

    Je te souhaite la meilleure des chances dans ton nouveau chemin de vie.

    Joanne